Cartes du monde à travers l’histoire. Un documentaire à partir 1er cycle du secondaire. Par Guillaume Sabino.

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Si aujourd’hui le GPS (Global Positioning System) fait ombrage à la traditionnelle carte routière ou que Google Earth permet «d’observer» la Terre depuis l’Espace, il n’en a pas toujours été ainsi. De fait, il y a longtemps que l’Homme tente de comprendre le monde qu’il habite, mais surtout qui l’entoure. Nomade dans un premier temps, l’humain se déplaçait en fonction des saisons pour découvrir ou retrouver son camp d’été ou son camp d’hiver, cette forêt riche en gibier ou en petites baies. Il mémorisait ces endroits, puis les notait ensuite pour les générations futures. Au fil des siècles, il a exploré de nouveaux territoires (quittant même la planète!) et s’est déplacé sur des itinéraires jusqu’alors inconnus. Dans un ouvrage d’une rare qualité sur le sujet, Cartes du monde à travers l’histoire, publié chez Géo, Michael Swift (un nom de plume), relate près  de 6000 ans d’histoire et rend compte de 3000 ans de cartographie grâce à la présentation de plus de 200 cartes du monde entier. L’origine des cartes remonte à la nuit des temps, difficile à dater précisément, ni même d’en noter l’origine exacte.

Précieux et complet, l’ouvrage de Swift présente non seulement des cartes de toutes les époques (Antiquité, Temps modernes ou XIXe siècle), de toutes les régions du globe (Afrique, Amérique, Asie, Europe, Océanie), mais aussi des Portulans, ces cartes marines qui servaient de guide pour la navigation d’un port à l’autre à l’époque des Découvertes, montrant autant les routes navigables que les embûches, ainsi que de magnifiques plans de villes (Dublin, Mexico, New York, Osaka, San Francisco, Sydney). Il contient aussi bien des cartes satiriques (par exemple une carte du San Francisco Newsletter datant de 1877 qui se moque des visées expansionnistes de la Russie sur l’Europe), que des cartes officielles (dont une carte de la frontière entre le Mexique et les États-Unis établie par le traité du 30 décembre 1853). On y dresse également un panorama des différentes conceptions du monde, de Ptolémée jusqu’au milieu du XIXe siècle, dont les cartes médiévales « mappae mundi » situaient Jérusalem au centre, offrant ainsi la vision du monde de l’époque à la fois sur le plan géographique et religieux.

Ainsi, nous apprenons que le plus ancien exemplaire d’une carte transportable date de l’empire de Babylone (vers 3800 ans avant J.-C.), une carte sur une petite tablette d’argile de Gar Sur, qui montre une rivière traversant un delta, au nord de Bagdad en Irak actuel. Les Babyloniens sont les pionniers de la cartographie, ayant divisé le monde en 360 degrés et calculé les jours en heures, minutes et secondes… Ainsi, ils pouvaient localiser et délimiter avec précision n’importe quel emplacement par rapport aux étoiles – facteur essentiel pour établir une position. On apprend également que les Égyptiens se servaient de la cartographie pour mesurer le territoire et ainsi calculer le montant des impôts à percevoir. La cartographie moderne est toutefois l’œuvre des Grecs, particulièrement de Ptolémée, perçu comme le père de la cartographie, même s’il a sous-estimé la taille de la Terre de 10 000km, reprenant une erreur de calcul de Posidonios qui avait repris ou revu les calculs de Ératosthène pourtant justes à 76 km près (même si ce dernier croyait la Terre plate!). Cette erreur de calcul a eu des répercussions importantes lors de l’époque des Grandes Découvertes… Ainsi, «toute carte implique des choix, et l’être humain a toujours eu tendance à se figurer au centre de l’univers». Puis, l’évolution de la représentation du monde devient doublement intéressante au moment où les souverains trouvent un intérêt stratégique dans la cartographie.

L’ouvrage est essentiel pour qui veut comprendre ou faire comprendre notre perception de l’espace à travers les âges (frontières politiques, naturelles, routes maritimes…) et son évolution. Swift aborde également les sujets suivants : Pourquoi des cartes, Le développement de la cartographie, La fabrication des cartes, Les grandes figures de la cartographie, Les différents types de cartes et présente un Glossaire des termes cartographiques. Grâce à son format hors norme, le livre permet à des documents cartographiques rares d’être présentés de façon grandiose. Chaque carte permet de constater une vision particulière de l’espace suivant les époques et les cultures.

Égoïstement, je regrette l’absence d’une carte de la Nouvelle-France signée Champlain, mais nous y trouvons des cartes du Nouveau-Monde, de la Nouvelle-Angleterre, de la Virginie, de la Louisiane. «Au carrefour de l’histoire et de la géographie», l’ouvrage forcément richement illustré est une passionnante histoire de la cartographie et de ses techniques et évoque les transformations dans les relations que l’Homme entretient avec sa planète.

Enfin, je vous propose de découvrir cet ouvrage de référence en parallèle avec la lecture d’un dossier complémentaire du site internet du Robert illustré & Dixel (www.dixel.fr) : «L’évolution de la représentation du monde, de Ptolémée (IIe s.) au XVIIe siècle». En complément à cette recension, j’œuvre actuellement sur une séquence pédagogique qui utilise Cartes du monde à travers l’histoire et le dossier encyclopédique du Dixel pour le cours d’histoire (univers social) de deuxième secondaire. J’espère le rendre disponible dès la mi-septembre.

Bonne lecture !

Guillaume

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