Le parloir, un roman coup de coeur d’Hélène Dehaut. À partir du secondaire.

CLASSÉ DANS : Secondaire



Le parloir

Par : Éric Sanvoisin

Aux Éditions Gründ

Collection :  Gründ romans

 

Un garçon, Yan F., est accusé du meurtre d’un homme, le père de sa petite amie. On l’incarcère dans une cellule d’une prison hostile, d’une dureté tout à fait attendue. Il se terre dans un mutisme inexpliqué. Plus jamais il émettra un son; ni pour parler à son avocat, ni pour s’adresser à sa mère, sa sœur, sa petite amie, ni pour exprimer les souffrances, les violences subites dans cette prison. Ce qu’il a fait, ce qu’il a vu sont pour lui tellement violents, tellement horribles qu’il s’est cloisonné dans un mutisme inébranlable. C’est sa décision, c’est son choix. On l’accuse d’avoir assassiné le père de sa petite amie, Déborah.

Voilà en quelques mots un résumé du Parloir. Les chapitres sont rythmés par les visites successives des gens de son entourage. Par le texte, on ressent la laideur du centre de détention,  l’étroitesse de la cellule, la promiscuité des autres détenus. La description des évènements est vibrante de réalisme: aucun problème à visualiser les lieux, les gens.  Jour après jour,  semaine après semaine, les visites au parloir se succèdent. Ce sont : sa mère, sa sœur, son avocat, même sa petite amie Déborah, dont les sentiments oscillent entre la protection et une haine violente. Toutes ces rencontres le bouleversent. Quel que soit le visiteur, à chaque fois, Yan ressort du parloir troublé.  La violence de la prison est aussi très présente, donc la lecture de ce roman est pour un lecteur avisé.

Ce qui étonne et captive dans ce texte, c’est le fait que Yan ait fait le choix de ne pas parler, c’est aussi cela qui est difficile à comprendre. Ce serait si aisé pour lui de se confier à sa sœur ou à son avocat (les deux personnes capables de le sortir de cet enfer), mais il ne veut pas. La prison est un refuge pour lui, ce lieu empreint de violence ne le dérange pas, au contraire, c’est presque confortable.  Il a subi un choc qui le prive de l’usage de la parole, mais est-ce à cause du geste qu’il a posé ou bien d’une autre chose? Il prétend que la violence lui a toujours fait peur, au point de lui enlever la parole? Alors, puisqu’il est désormais impossible pour lui de parler,  il pourrait écrire, mettre sur papier une défense plausible que son avocat pourrait utiliser, mais même ça, c’est impossible pour lui, car en prison, comment protéger ses écrits?

Les visites se suivent au parloir, pénibles, éprouvantes.  Si bien que sa cellule et ses compagnons de cages sont devenus un refuge. En prison il se sent protégé et c’est le monde du dehors qu’il craint.  À chaque fois que le garde hurle : « Fin du parloir! » il retombe dans la non-existence.  Il retourne dans son refuge. Et pourtant, ce que Yan déteste le plus dans la prison, c’est tout.

Le plus étonnant de ce roman réside dans sa relecture. Une fois le dernier chapitre, le dernier paragraphe, la dernière phrase lue, on veut le relire pour y voir une tout autre histoire. Remarquable!

Hélène

Mots-clefs : , , ,

2 commentaires à “Le parloir, un roman coup de coeur d’Hélène Dehaut. À partir du secondaire.”

  1. Le 26 juin 2012 à 10:07