Un nouveau coup de coeur d’Hélène Dehaut… pour bien commencer les vacances!

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Voici le dernier article de l’année! Vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre sur l’ADP-Pédago (et sur la Page Facebook), alors je voulais prendre le temps de vous dire merci et de vous souhaiter des vacances extraordinaires (au moins à la hauteur de ce que vous faites pendant l’année!) On se retrouve à la mi-août pour de nouvelles listes (dont celle de la gagnante du Concours Gagne ta liste), de nouvelles critiques et de nouveaux concours.

Bon été à tous…

Emmanuelle

 

Et voilà l’article d’Hélène (ce roman est d’ailleurs aussi un de mes coups de coeur!)

Sentiment 26

Par : Gemma Malley

Éditions Michel Lafon

 

 Tous les sentiments ont été bannis de la Cité, la haine comme l’amour. Ses habitants ont subi une lobotomie afin de garantir la paix. Étiquetés de ‘A’ Admirable à ‘D’, Déviant, ils vivent dans une harmonie artificielle. Pourtant Evie, seize ans, aime Raffy en secret depuis toujours. Et lorsque le Système ordonne de l’expulser sur les terres des Maudits, elle décide de fuir avec lui. Mais au-delà des murs de la Cité se dresse le plus grand mystère qui soit. Quand on sort du Système nul ne sait ce qu’il advient de vous.

 

Nous sommes physiquement différents les uns des autres, mais qu’en est-il de nos émotions? Elles sont tout aussi différentes n’est-ce pas? Le Bien, le Mal… Mais si nous habitions une Cité où tout le monde est bon, gentil, honnête, serions-nous heureux?

Dans la  Cité de Sentiment 26, tous  les sentiments  ont été éradiqués. La Cité du bien est peuplée de gens qui ont subi une opération au cours de laquelle on  a retiré la partie du cerveau qui détient la capacité de faire le mal. Les gens sont ensuite étiquetés, classés selon le Système. On les qualifie de A à E. Des supérieurs aux inférieurs. Mais il y a peu de E dans la Cité. Ceux qui ont cette nomination disparaissent. Mais où vont-ils?

À la lecture de ce roman, on remarque assez vite que les sentiments sont tout sauf éradiqués. Il y a là l’amour, la peur, la jalousie, l’envie, la colère, la méchanceté. La Cité est dirigée par un homme qui se prétend juste et bon. Il décide tout, il dirige tout. C’est vers lui que l’on se tourne au moindre doute. Au cours des rencontres hebdomadaires (que l’on pourrait qualifier de messe), il manipule, convainc, rassure. Le peuple de la Cité le suit aveuglément, certains par conviction d’autres par crainte.

On fait rapidement un parallèle entre la Cité et certains pays comme la Corée du Nord où le peuple suit aveuglément un dictateur considéré comme un dieu, ou encore des évangélistes fous qui étaient convaincus que les humains peuvent vivre tous sur un même pied d’égalité comme David Koresh ou bien Jim Jones. La Cité pourrait s’appeler Jonestown. Vivre dans la crainte de Dieu? Dans Setiment 26, ils vivent dans la crainte du Système. Cela peut sembler fort comme comparaison, mais c’est totalement dans cette lignée. Rassurez-vous, la conclusion du roman est  différente de la réalité. Heureusement, il y a parmi les habitants de la Cité de jeunes  hommes et jeunes femmes qui vont comprendre que ce Système est faillible.

La jeune Evie est parmi ceux-là. C’est à travers ses yeux que nous découvrons la Cité et ses habitants. Evie a des doutes, elle devrait être bonne, généreuse, douce, en fait, c’est une  illusion. Malgré tous ses efforts, ses lectures, ses prières, les sentiments la déchirent, lui font peur. Elle a en elle un volcan  sur le point de faire éruption. Elle est intelligente, depuis quelque temps elle se pose des questions, elle aimerait bien les partager avec quelqu’un, mais qui? Elle est seule dans son doute. Elle doit se confondre dans la masse sous peine de subir un déclassement. Elle est un « B », une classe supérieure. Courir le risque d’être déclassé c’est courir le risque de subir le courroux des autres habitants. Être un « C » encore, ça va bien, mais un « D »? On méprise les « D ». C’est à peine si on leur permet de se nourrir, de se vêtir. Mais il y a pire: il y a le « E ». Peu de gens portent cette étiquette, en fait personne dans la Cité ne se promène avec cette désignation. Ils disparaissent au lendemain de leur nouvelle affectation. Ils sont « E », ils sont des morts vivants, ils sont morts.

C’est un roman qui nous fait réfléchir, tout au long de la lecture, nous cherchons ce qui est juste et ce qui nous caractérise. Les humains sont imparfaits, mais devrions-nous tous chercher la perfection? Serions-nous plus heureux sans défaut? Les gens de cette Cité sont-ils heureux où bien vivent-ils tous dans la crainte d’être découverts? Comme Evie.

L’éditeur a fait une excellente fiche pédagogique pour travailler le texte avec les jeunes de deuxième cycle de secondaire. Lisez le livre, il ne vous laissera pas indifférent et il sera source de bien des conversations, en plus, bien sûr, de vous offrir un beau moment de lecture!

Bonnes vacances à tous!

Hélène

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