Une fois de trop. Roman coup de cœur d’Hélène Dehaut et de Fabien St-Jacques. Pour le secondaire.

CLASSÉ DANS : À partir du 2ème cycle | Secondaire



C’est le premier billet de 2013… Nous profitons donc du moment pour vous souhaiter à tous une belle année, remplie de découvertes et de sourires, les vôtres, ceux de vos élèves, de vos collègues et de vos amis.

De notre côté, nous travaillons déjà à préparer nos activités de l’hiver et du printemps. Il y aura quelques nouveautés… la première est celle-ci : vous retrouverez sur ce blogue des participations spéciales. En plus de nos billets, à moi, Hélène et Guillaume, vous découvrirez les coups de cœur de nos collègues de l’équipe commerciale. D’ailleurs, si vous avez envie de partager un coup de cœur, je vous invite à me faire parvenir vos textes!

Notre premier invité spécial est le gérant de la valise jeunesse, Fabien St-Jacques (dans notre jargon, une valise est un regroupement d’éditeurs, sous la supervision d’un gérant et qui sont défendus en librairie par une équipe de représentants). Et puisque le roman qu’il a choisi a aussi touché Hélène, vous aurez la chance de lire aujourd’hui une double critique!

Bonne lecture!

Emmanuelle et toute l’Équipe ADP de l’Action Pédagogique.

 

Ce qu’en pense Hélène :

Une fois de trop, Amy Lachapelle, Éditions Z'Ailées, Coll. Z'Ados plusLe début du Cégep, une nouvelle vie qui commence pour Camélia. Cette année s’annonce tellement fantastique pour elle et sa meilleure amie Émilie, maintenant aussi sa colocataire. Les soirées bien arrosées se succèdent. Cette première année sera certainement inoubliable.

Elle sera inoubliable, mais pas de la façon que Camélia l’avait prévu. En ce soir de novembre, elle aurait préféré retourner à l’appartement plutôt que de continuer de faire la fête. Mais William s’est montré insistant. Et toute la gang est montée dans la voiture pour aller à cet After… Après, plus rien ne sera jamais pareil.

Vous souvenez-vous de vos 17 ans? Moi, oui.

Je me souviens de la liberté et de la certitude que ce que j’aillais vivre au cégep serait spécial, différent. Je sentais que j’étais enfin un individu à part entière, totalement libre de choisir pour moi-même. Je me souviens de mes premières sorties, des premiers vrais « partys ». C’était tellement extraordinaire. Presque tout le monde a vécu ça. Nous étions jeunes. Nous étions libres. L’emprise des parents s’affaiblissait. Nous étions presque rendus à leur niveau.

L’histoire d’Amy Lachapelle, nous ramène à ce moment-là. Pour moi c’était en 1972, mais ni la date ni le lieu n’ont d’importance. Cet aspect de l’humain restera immuable, intemporel. En lisant Une fois de trop, je réalise à quel point j’ai été chanceuse. À quel point la plupart des jeunes sont chanceux. Pour les autres, c’est l’accident, le choc, l’incompréhension, la mort.  Est-ce que ce roman empêchera les étudiants de faire les mauvais choix? Peut-être. Amy Lachapelle a savamment manié la psychologie liée à la culpabilité, ou encore la colère liée aux chocs émotifs brutaux. Elle sait transcrire la peine, la douleur, l’amour, l’amitié.  Si ce roman peut faire réfléchir un seul élève du secondaire, je crois qu’Amy Lachapelle aura réussi un exploit que plusieurs publicités, conférences, remontrances et recommandations n’auront pas réussi à faire. Elle sera encore plus heureuse d’avoir écrit cette touchante histoire. Attention! Prévoir des papiers mouchoir.

 

Ce qu’en pense Fabien  :

Le temps des Fêtes et des excès étant derrière nous, nous avons la mauvaise habitude de croire que le risque d’éventuelles catastrophes routières a été rangé au fond des placards avec les excédents de papiers d’emballage et les vieilles décorations de Noël. Le père Noël et les bénévoles de Nez rouge tombent en hibernation estivale et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et pourtant… Et pourtant chaque ville, chaque village, chaque petit patelin a son bar, son club, ou même, un simple sous-sol de banlieue rempli de jeunes collégiens qui fêtent hebdomadairement, drink ou bière à la main, l’arrivé de la fin de semaine tant attendue. Yepy Aïlle Yéyé! Party! Rien de bien bien méchant, que du bon monde : c’est votre fille, c’est votre fils, une nièce, un voisin, le p’tit Marco qui conduit un peu vite, mais qui a une bonne tête sur les épaules… Et pourtant!

Quelque part, c’est cette réalité que dépeint très finement Amy Lachapelle dans Une fois de trop. Ce fameux «ça n’arrive qu’aux autres». Pour moi aussi, en plus de m’avoir fortement remué et  interpelé, ce roman à un rôle important à jouer de conscientisation sociale.

Tout au long de la lecture, on pense à soi. On se revoit, jeune, beau. Dieu qu’on était jeune! Dieu qu’on était fou! Le monde à nos pieds, libre de tout destin, les paumes vierges, bref, «invincible, intouchable et immortel» comme chantait l’autre. Le danger, les inquiétudes, c’étaient bon pour les parents, pour les vieux. Nous, c’était à coup de haussement d’épaules qu’on s’en débarrassait. Exactement comme les protagonistes de Une fois de trop. L’ancestrale assurance de la jeunesse face au mauvais sort, au fond, c’est à ÇA que touche Amy Lachapelle.

Bizarrement, la grande force de ce roman est le sentiment de déjà vu qui s’en dégage. En fait, je devrais dire de déjà vécu. Vraiment, on s’y reconnaît. Mis à part deux ou trois Saints de votre entourage, je pose la question : qui n’a pas, ne serait-ce qu’une seule fois, embarqué dans une voiture vaguement gris? Qui n’a pas, une seule fois, préféré, après une soirée bien arrosée, la douce chaleur de son véhicule malgré la présence incontestable de trop fortes vapeurs d’alcool à l’attente interminable et glaciale d’un autobus dont on remet en question l’existence même. Allons, soyons honnêtes! Soyons sérieux! Nous l’avons tous fait. Et nous avons eu l’invraisemblable chance d’être graciés. De rentrer chez nous, de se coucher et d’oublier.

Voilà où nous mène ce petit livre tout simple. Et c’est en pensant à tout ça qu’on ne peut qu’être heureux d’avoir été épargné, qu’on ne peut qu’être profondément triste et touché pour ces personnages pas du tout fictifs dont la vie bascule un soir de banale fête et de bières, sur une route glacée, dans un fracas de tôle et d’arbre mort.

Allez, dormez en paix bonnes gens, ça n’arrive qu’aux autres… ou dans les romans.

 

Vous avez envie d’en lire plus?

On parle du roman dans les médias. Amy Lachapelle s’attaque à l’alcool au volant

Et pourquoi ne pas écouter Amy Lachapelle nous en parler ?

Mots-clefs : , , , , , , ,

Aucun commentaire. Soyez le premier!

Laissez un commentaire