Doglands, une surprenante histoire de Tom Willocks. Par Guillaume Sabino.

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DoglandsLe dernier titre de Tim Willocks n’est pas pour les adultes. L’auteur de La Religion (chez Sonatine, mais aussi en Pocket) propose cette fois-ci un roman jeunesse qui a du chien… Son roman historique, riche et percutant, campé en 1565 sur l’île de Malte pendant le conflit entre islam et chrétienté m’avait complètement happé. Si Doglands m’a attiré, outre sa couverture, c’est à cause de Willocks, de sa plume, de sa capacité à raconter, à faire vivre. Et chez Syros, c’est signe de qualité (pensez aux Grevet, aux titres de Mini-Syros, Polar comme Soon et les Rat Noir) !

Furgul est un lévrier. Il est avec sa mère, une championne qui a droit à tous les égards, et ses trois sœurs, dans un chenil. Les conditions de vie dans la «Fosse de Dedbone» sont terribles, les chiens sont affamés, maltraités, battus, quand ils ne disparaissent pas, tout simplement. Et ce qui attend Furgul et ses sœurs n’est pas joyeux : ce sont des bâtards. Leur père s’appelle Argal, c’est un chien-loup. Ils ne seront jamais champions de course. Alors, quand le proprio s’en rend compte, il voudra se débarrasser de ces quatre chiens sans avenir, les éliminer, les exécuter. Furgul, qui est cependant plein de ressources,  fait preuve d’une grande intelligence. Avant qu’ils ne réussissent à s’échapper, Dedbone les emmène dans une cage, en voiture, dans une montagne, pour les tuer et les jeter dans un puits. Une des sœurs s’échappe pendant le transport, mais les deux autres sœurs vont mourir. Furgul s’échappe. Recueilli par un pêcheur, il sera domestiqué. Du moins en partie. Il a besoin de liberté. Il cherche les Doglands. Et il a aussi promis à sa maman de revenir la libérer.

Les premières pages sont terribles, décrivant de misérables conditions de vie. La cruauté envers les animaux n’est pas cachée. Les mauvais comportements humains non plus. D’ailleurs, un seul personnage humain joue véritablement un rôle de bon. Et si certaines situations sont prévisibles (comme l’homme !), le roman nous ouvre grandes les portes de l’aventure. Les chiens sont les héros de ce roman poignant. Dans ce livre, les hommes ne communiquent pas, ils gémissent, ils s’excusent, ils s’énervent… Se mettre dans la peau d’un chien permet aussi d’adopter des points de vue parfois délirants, souvent comiques, mais qui toujours nous remettent en question.

Le récit est construit à la façon d’une quête initiatique, plein d’humour, plein d’action, porté par une écriture vive, lumineuse. Le texte reste pourtant sombre, dur, car le sort de tous les chiens n’est pas plaisant. Willocks souligne clairement la cruauté de certains hommes envers les chiens, supposés meilleurs amis de l’homme. Cependant, la domestication les a éloignés des Doglands, une philosophie de vie et de sagesse, de leur liberté, de leurs ancêtres…

Enfin, l’histoire de Furgul s’adresse à tout le monde, jeune ou vieux (à partir du secondaire). Il permettra d’aborder plusieurs thèmes, certains franchement évidents, comme les mauvais traitements ou la spiritualité, la mort, d’autres le sont moins, comme le métissage, le combat pour la différence ou la lutte contre l’esclavage. Le roman, primé – Pépite du Roman adolescent européen du salon du livre de Montreuil, il fait également partie de la SÉLECTION de Ricochet – , ne laissera personne indifférent et nous ramènera vers Jack London… (Croc-Blanc illustré chez Gründ, ou à petit prix chez Rouge et or  ou chez Nathan). Un bon coup de cœur surprise!

Vous avez envie d’en savoir plus sur le roman? Regardez ceci!


Bonne lecture!

Guillaume

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1 commentaire à “Doglands, une surprenante histoire de Tom Willocks. Par Guillaume Sabino.”

  1. Le 7 mai 2013 à 15:35