L’égalité entre les garçons et les filles: lutter contre les stéréotypes sexistes grâce à la littérature jeunesse

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Il y a quelque temps, je découvrais par hasard une sélection d’albums sur l’égalité entre les garçons et les filles. Cette sélection est le fruit du travail d’une association, L’Atelier des Merveilles, qui fait la promotion de la lecture parent/enfant. J’ai tellement trouvé l’idée bonne que j’ai décidé d’approfondir le sujet et de vous préparer ma sélection de livres jeunesse sur le sujet. Un travail qui s’est avéré beaucoup plus long et complexe que je le croyais au départ.

En m’inspirant du travail de l’Atelier des Merveilles, je vous suggère donc des livres, principalement des albums, mais aussi des documentaires, des romans et des bandes dessinées, qui traitent, d’une manière ou d’une autre, du sujet. Vous pourrez ainsi organiser, avec vos élèves du primaire ou du secondaire, des débats et des réflexions qui contribueront, j’en suis certaine, à favoriser l’égalité des genres, à combattre le sexisme et à encourager les enfants à exprimer leur singularité. Et parce que ce de ce grand thème découlent plusieurs autres très importants, cet article traitera aussi de l’histoire du féminisme, du rapport au corps (à l’image de soi), de la violence faite aux femmes ou et de l’apprentissage de la sexualité.

Des papas …

La représentation de l’univers familial en littérature jeunesse est le plus souvent une représentation conventionnelle. On y voit des mamans qui s’occupent des enfants, par exemple, lorsqu’il est temps de les mettre au lit. Se sont aussi le plus souvent celles que l’on représente en train de donner des câlins. Lorsque le milieu familial est présenté dans les histoires, ce sont, là encore, le plus souvent des familles nucléaires conventionnelles. Pourtant, au Québec, ce type de situation familial est en recul. Il semble donc d’autant plus important de montrer (faire lire ou faire voir/écouter) aux enfants des histoires qui proposent d’autres types de modèles familiaux, où les rôles des parents sont différents et multiples.

Voici trois albums jeunesse où l’on rencontre des papas dans des cadres familiaux différents.

Les papapasDans Les Papapas (écrit par Joseph Jacquet et illustré par Dupuy-Berberian, chez Albin Michel jeunesse) on découvre avec humour et plaisir les avantages d’avoir un beau-père. Une famille reconstituée qui offre aux enfants (à partir du 1er cycle du primaire) une représentation positive du beau-père. Un incontournable pour la fête des Pères!

Ma petite boule d'amourC’est un papa seul qui adoptera une petite ourse que l’on découvre dans Ma petite boule d’amour. Un magnifique album pour les enfants à partir de la maternelle, écrit par Jasmine Dubé et illustré par Jean-Marc Tirel, publié aux Éditions de la Bagnole. Cet album peut être utilisé pour aborder le thème de l’adoption, de l’amour filial ou du désir de la paternité.

Mes deux papasMes deux papas a énormément fait parler de lui, à sa sortie en France. En effet, dans cet album écrit par Juliette Parachini-Deny et illustré par Marjorie Béal (Éditions des Ronds dans l’O), Lilou se demande pourquoi elle a deux papas et pas de maman. Un des rares albums jeunesse à parler de l’homoparentalité. Un album simple pour expliquer aux tout-petits que toutes les familles ne sont pas pareilles. Si vous décidez d’utiliser l’album avec les plus grands, je vous invite à écouter une entrevue réalisée avec l’éditrice qui explique que le livre a été vandalisé en France dans certaines librairies. Voilà une façon intéressante d’aborder l’intolérence face à la différence. Écoutez les réactions de vos élèves!

Les rôles… Qui fait quoi?

Dans un même ordre d’idée, voici quelques albums où la gestion les tâches reliées à la famille, les loisirs ou les métiers sont présentés de manière non sexiste.

série Mon petit ourson chéri!Dans la série d’albums Mon petit ourson chéri!, écrite par Alain M. Bergeron et illustrée par Fabrice Boulanger (chez Michel Quintin), c’est le papa qui s’occupe de sa fille. C’est lui qui doit gérer l’heure du dodo (Bon hiver, mon petit ourson chéri!), le bain  (Bon bain, mon petit ourson chéri!), les repas (Bon appétit, mon petit ourson chéri!) et préparer la fête d’anniversaire (Bon anniversaire, mon petit ourson chéri!). Des histoires du quotidien, où les enfants se reconnaissent. Un personnage masculin tendre et patient, qui s’occupe de sa petite. Une notice sur Livres Ouverts a été réalisée pour Bon hiver, mon petit ourson chéri!. L’album a d’ailleurs été sélectionné pour le Continuum en lecture. Toute la série est à lire dès le préscolaire.

Un vrai papa, Une vraie mamanDans Un vrai papa et Une vraie maman, René Gouichoux et Thomas Baas (chez Albin Michel jeunesse) nous proposent des parents imparfaits, qui participent, de diverses façons, à la vie de famille. Voilà pourquoi j’aime particulièrement ces deux albums. Certains clichés y sont cependant véhiculés. Les albums deviennent donc de super outils pour apprendre à reconnaître les clichés. Demandez aux élèves de différencier les clichés des représentations non sexistes; animez un débat! C’est une bonne activité à faire pour débuter une unité littéraire sur le sujet.

Margot et la leçon de tricotDans Margot et la leçon de tricot de Jannick Lachapelle et Loufane (publié aux Éditions de la Bagnole), le clin d’oeil antisexiste est révélé en final de l’album. Margot veut apprendre à tricoter, elle va donc spontanément demandé à sa mère et ses grands-mères. Mais aucunes d’elles ne sait! Finalement, c’est son grand-père qui le lui apprendra. La couture et le tricot ne sont pas qu’une affaire de femmes! L’album permet aussi de travailler le vocabulaire des couleurs avec les plus petits. Cet album fait partie de la Sélection Communication-Jeunesse. Si vous avez envie de traiter du sujet avec des élèves plus âgés, je vous invite à leur présenter ce reportage d’un jeune athlète olympique de 19 ans pour qui le tricot et le slopestyle sont indissociables. Des modèles comme lui, ça en prend plus!

Le fabuleux amour d'Aucassin et NicoletteMon livre préféré de cette catégorie est un album pour les grands (3e cycle primaire et 1er cycle du secondaire): Le fabuleux amour d’Aucassin & Nicolette. C’est une chantefable du Moyen-Âge, adaptée par Sylvaine Hinglais et illustrée par Tom Schamp, publiée chez Albin Michel jeunesse. Un couple d’amoureux fuit leur patrie à la recherche d’un endroit où ils pourront s’aimer. Ils font naufrage sur l’île du roi Torelore. Une île bien particulière où ni le lieu de naissance ni la religion ne sont des obstacles à l’amour. Où l’on se bat à coup de légumes et où se sont les femmes qui font la guerre et les hommes qui accouchent! L’auteure a adapté le récit sous forme de pièce de théâtre, vous pourrez donc la monter facilement avec les élèves. Un texte formidable et criant de modernité. Il faut croire que l’humanité n’a pas beaucoup évolué… Vous pouvez lire la version originale en ligne ici.

Caillou - Mon grand imagier - Les métiersFinalement, je vous suggère un imagier pour les plus petits où on y présente les métiers de manière non-sexiste. Ainsi, dans Caillou – Mon grand imagier – Les métiers on rencontre un secrétaire, une policière, une dentiste, etc. Un incontournable pour  présenter les métiers au préscolaire.

Le bateau de MaloDans Le bateau de Malo (un album d’Ingrid Chabert qui est illustré par Fabiana Attanasio, publié aux Éditions Des ronds dans l’O), il est question de la place des femmes dans un métier non conventionnel. Malo a toujours rêvé d’être marin, comme son père. Au côté de sa mère, ils l’ont attendu longtemps. Car c’est cela le destin des femmes de marins. Une fois grand, Malo s’embarque en mer, mais la femme dont est est amoureux, Lila,  ne l’attendra pas… elle s’embarque avec lui! Une fiche pédagogique a été créée par la maison d’édition. À lire aux élèves à partir du 1er cycle.

Bleu PassionPour les grands, je vous suggère un roman historique qui m’a vraiment beaucoup plu: Bleu Passion, de Victoria Strauss, publié chez Albin Michel jeunesse, dans la collection Wiz. L’histoire se passe en Italie, durant la Renaissance. Guilia, enfant illégitime, est envoyée au couvent de Santa Marta par sa belle-mère au décès de son père. Mais Guilia refuse de se cloîtrer dans un couvent, elle rêve de se marier, de fonder un foyer. À l’intérieur des murs du couvent, elle rencontrera d’autres filles au destin semblable au sien, mais surtout un atelier de peinture comme elle ne croyait pas qu’il en existait. Dans un monde où les femmes ne devraient pas avoir accès à la science ni aux arts, des femmes peignent à la gloire de Dieu. Est-ce que l’apprentissage de la liberté peut passer par l’art? J’ai adoré ma lecture! Les personnages féminins forts, les combats, les doutes, les intrigues et les histoires d’amour m’ont permis de redécouvrir la Renaissance italienne. Un roman à partager, qui pourrait être mis en réseau et analyser parallèlement au film La jeune fille à la perle.

 

Elles s’émancipent…

Allons maintenant à la rencontre de personnages féminins qui se sont émancipés. Ces histoires reflètent des contextes sociohistoriques inventés ou  réels.

Pétunia, Princesse des petsD’abord, il y a Pétunia Princesse des Pets, un album publié chez Dominique et compagnie, écrit par Dominique Demers et illustré par Catherine Lepage.

Pétunia était une vraie princesse. Elle avait appris à rester toujours digne, sage et polie. Même quand elle mourait d’envie de pouffer ou de se gratter le nez!

Pétunia devait avoir toutes les qualités d’une parfaite princesse (fille!). Puis un soir, après le souper, Pétunia péta. Horreur! Pétunia ne pouvait plus arrêter de péter! On a fait venir tous les meilleurs médecins du royaume pour la guérir. Finalement, c’est le fils de la servante qui a trouvé la solution miracle: laisser la jeune fille s’amuser un peu. Pétunia a donc réussi  à s’émanciper de ce rôle d’enfant parfaite pour n’être, au final, qu’une enfant comme les autres! L’album fait partie de la sélection Communication-Jeunesse. Vous trouverez quelques activités pédagogiques sur ce site internet. L’album est disponible en version souple ou rigide ou avec un CD. À lire ou à écouter avec les enfants à partir du préscolaire.

La petite poule qui voulait voir la merContrairement à l’histoire précédente où le personnage féminin s’émancipe à la fin de l’histoire, le désir d’émancipation est l’élément déclencheur dans La petite poule qui voulait voir la mer, de Christian Jolibois et Christian Heinrich chez Pocket jeunesse. Cet album est le premier d’une formidable série (je vous en présenterai d’autres plus loin) dont tous les titres sont non sexistes, en plus d’être drôles, d’inclurent plusieurs jeux de mots et d’offrir de multiples références intertextuelles et historiques. Dans ce premier titre, on rencontre Carméla, une petite poule bien différente des autres. Au moment de la ponte, toutes les mamans sont heureuses et s’appliquent, seule Carméla est embêtée par cette tâche:

– Pondre, pondre, toujours pondre! proteste-t-elle, il y a des choses plus intéressantes à faire, dans la vie!

Carméla, elle, rêve plutôt d’aller voir la mer! Son père ne l’entend pas de cette façon. Et malgré ses avertissements, un soir, n’y tenant plus, elle quitte le poulailler. Elle marche longtemps, mais ce qu’elle découvre est encore plus extraordinaire que ce qu’elle avait imaginé. Elle s’amuse tellement qu’elle dérive et se retrouve bientôt perdue en pleine mer. Elle sera secourue par la caravelle de Christophe Colomb, en route pour le Nouveau Monde. Elle devra user de stratagèmes pour éviter la casserole (référence à Shéréazade et à la Poule aux oeufs d’or). Lorsque les bateaux arrivent enfin en Amérique, la petite poulette blanche fera la rencontre de Pitikok, un coq de la tribu des poules rouges, dont elle tombera amoureuse. Quand Christophe Colomb retourne en Europe, les amoureux embarquent aussi et c’est ainsi que Carméla rentre à la maison. Le printemps suivant, Carméla donne naissance à un petit poussin rose (c’est un poussin métis) que les parents décident d’appeler Carmélito. Et ce petit poussin a lui aussi de très grands rêves. On peut utiliser l’album pour susciter de nombreuses réflexions: sur le rôle des femmes et des hommes au sein de la famille, des «limites» que le cadre social impose (est-ce que tu crois que le père de Carméla aurait été aussi sévère si elle avait été un coq plutôt qu’une poule?), sur l’importance de la maternité (est-ce que toutes les filles veulent avoir des enfants?), sur l’ouverture sur le monde (qu’est-ce que les autres peuvent nous apprendre? En voyage? Chez nous?), sur la différence (crois-tu que Carmélito se sentira différent des autres poussins du poulailler?). L’album permet aussi de se poser des questions concernant le contexte sociohistorique du récit (quand et où se passe cette histoire? Quels sont les indices?).

J’ai trouvé sur le web de nombreuses pistes d’exploitations pédagogiques. Vous trouverez des fiches de lecture ici, que vous pourrez utiliser avec vos élèves de 2e ou 3e année (en tenant compte de l’équivalence avec le programme français). Dans cet article, plusieurs pistes vous sont suggérées. Il existe également un livre pédagogique chez Retz, pour travailler l’album en classe: 5 séquences pour lire La petite poule qui voulait voir la mer – cycle 2. De plus, Livres Ouverts en a fait une notice et cet album fait partie du Continuum en lecture (Phase 5). Je vous invite d’ailleurs à utiliser ce document pour préparer l’entretien de lecture.

Guidée par mon pinceauCette histoire est inspirées d’un fait vécu. Dans l’album Guidée par mon pinceau, publié chez Syros, Dulari Devi raconte, par ses dessins (le texte est de Gita Wolf) comment elle est devenue une artiste-peintre, alors qu’elle aurait dû rester une domestique, comme sa mère. Elle s’est émancipée grâce à l’art. En Inde, dans l’état du Bihar, les peintures mithilâ sont réalisées par les femmes des petits villages. Cet art ancestral est des dessins faits par les femmes sur les murs et les sols des maisons et des espaces partagés. Dans les années 70, un programme d’aide gouvernementale a été créé pour encourager les femmes à peindre sur du papier afin de pouvoir vendre leurs oeuvres.  Cet album permet de réfléchir sur le droit à l’éducation, le travail des femmes, la place de l’art comme moyen de s’émanciper. Vous pouvez également l’utiliser pour réfléchir sur la société indienne, pour présenter le système des castes, par exemple. Je vous suggère de mettre cet album en réseau avec le percutant roman de Camille Bouchard, Sacrilège en Inde, si vous utilisez l’album avec des élèves du 3e cycle du primaire. Si vous souhaitez plutôt approfondir le thème de l’art, vous pouvez le mettre en réseau avec La petite sirène et vous trouverez des informations sur l’art mithilâ sur ce site internet.

Jeanne et le MokéléPour les élèves du 3e cycle du primaire et du 1er cycle du secondaire, j’aime vraiment beaucoup Jeanne et le Mokélé de Fred Bernard et François Roca, chez Albin Michel jeunesse. L’histoire se déroule au début du siècle (dans les années 20), une jeune femme part seule à la recherche de son père disparu en Afrique. J’aime la façon dont le texte est écrit, un peu à la manière d’un télégraphe. Les exploitations pédagogiques sont multiples, vous en trouverez quelques-unes sur Livres Ouverts. L’album fait partie du Continuum en lecture (phase 6+). Un dossier pédagogique pour explorer l’univers littéraire du duo d’auteur/illustrateur est disponible en ligne.

La balade de Pell RidleyPour les ados, je vous suggère le magnifique roman historique de Meg Rosoff, publié dans la collection Wiz chez Albin Michel jeunesse. La balade de Pell Ridley raconte l’histoire d’une jeune femme au XIXe sìècle en Grande-Bretagne, qui, le matin de son mariage, refuse son destin. Elle ne veut pas passer le reste de sa vie à faire des enfants et à laver des planchers. Elle s’enfuira donc de chez elle. C’est un roman d’ambiance dont il est difficile de parler avec justesse.  Un de mes romans favoris des dernières années. J’en ai d’ailleurs déjà parlé sur ce blogue. Voici la vidéo que j’avais alors tournée pour vous le présenter.

Femmes modèles, femmes réelles

Dans cette catégorie, nous retrouvons principalement des documentaires, mais aussi un album et un roman, qui présentent aux lecteurs des femmes qui ont marqué l’Histoire.

En avant les filles!Les deux premiers titres sont des documentaires qui offrent des portraits de femmes qui se sont démarquées dans divers domaines et diverses époques. J’aime tout particulièrement En avant les filles! de Sandrine Mirza et Isabelle Maroger, publié chez Nathan dans la collection Décodage (dans la même collection, il faut absolument lire Je consomme, donc je suis?). Le documentaire raconte l’évolution du féminisme dans l’Histoire et fait le point sur la situation actuelle des femmes dans le monde. Ces «articles» sont autant de débats à avoir avec les élèves (à partir du 3e cycle du primaire, mais surtout au secondaire).  Pour chacun des thèmes abordés, on présente des portraits de femmes issues de divers milieux (monde des affaires, sciences, mode, culture, etc). Elles sont autant de modèles à découvrir. La présentation graphique est dynamique. Ce livre est un incontournable! Vous pouvez en feuilleter une partie ici. Vous pouvez également consulter la notice sur Livres Ouverts.

Ces femmes qui changent le mondeDans le même ordre d’idée, les Éditions Des ronds dans l’O ont publié cette année Ces femmes qui changent le monde (écrit par Marie-Ange La Rochais). On y retrouve aussi des potraits de femmes (pas nécessairement les mêmes!), des idées pour animer des débats, des pistes de réflexion. J’aime particulièrement le fait que l’auteure ait mis des citations d’hommes célèbres qui critiquent la «capacité des femmes». Ça titille adroitement la fibre féministe et permettra de beaux échanges en classe! De plus, la majeure partie du documentaire est construite sous chose de discussion (questions/réponses entre une mère et sa fille). Un bel ouvrage à mettre en réseau avec le précédent.

Connais-tu?Pour les élèves du primaire, l’incontournable collection Connais-tu? chez Michel Quintin, qui allie le documentaire, la BD et l’humour, a trois tomes consacréS à des femmes: Cléopâtre (aussi disponible en couleurs), Dian Fossey et Marie Curie.  D’ailleurs, en ce moment vous avez la chance de gagner ces titres (de même que tous ceux des collections Connais-tu? et Savais-tu?) en participant à un concours!!! Tous les détails ici. Ne manquez pas cette chance, vous avez jusqu’au 1er juin pour participer!

Concours Connais-tu? Savais-tu?

Quatre filles de génieDu côté des biographies, les élèves à partir de la 2e année,  pourront aussi découvrir le destin de quatre femmes qui ont marqué l’Histoire dans Quatre filles de génie d’Emmanuelle Bergeron (publié chez Soulières Éditeur, dans la collection Ma petite vache a mal aux pattes). En une vingtaine de pages pour chacune d’elles (entrecoupées d’illustrations et de capsules informatives), on nous raconte la vie d’Hypathie d’Alexandrie, de Marie-Anne Paulze-Lavoisier, de Beatrix Potter et de Marie Sklodowka-Curie. Le livre fait l’objet d’une notice sur Livres Ouverts et il fait partie du Continuum en lecture (phase 5+). L’éditeur a également préparé des fiches de lecture, une pour le 1er cycle et une pour le 2e cycle.

L'incroyable exploit d'ElinorInspiré d’un fait vécu, ce magnifique album de Tami Lewis Brown et François Roca (publié chez Albin Michel jeunesse) nous permet de découvrir une jeune fille qui a marqué l’histoire de l’aviation américaine. L’incroyable exploit d’Elinor nous transporte dans les années 20. Déjà petite, Elinor Smith rêvait de piloter un avion. À 16 ans, pour prouver à certains hommes qui se sont ouvertement positionnés contre le fait qu’une femme puisse piloter, elle se donne comme incroyable défi de passer avec son avion sous les quatre ponts de New York. Nous la suivrons dans cet exploit. À la fin de l’album, un dossier complémentaire nous explique qui était Elinor Smith. Vous pouvez consulter la notice sur Livres Ouverts et pour en savoir un peu plus, je vous invite à regarder cette vidéo, qui retrace, à l’aide de vidéos et photos d’époque, la vie de l’intrépide jeune femme.


La fabuleuse saison d'Abby HoffmanPour clore cette catégorie, je vous suggère un roman sportif, pour les élèves du 3e cycle du primaire et du 1er cycle du secondaire. Bienvenue dans l’univers du hockey féminin! La fabuleuse saison d’Abby Hoffman, d’Alain M. Bergeron, publié dans la collection Graffiti chez Soulières Éditeur, raconte l’histoire d’une jeune fille qui se déguise en garçon pour pouvoir jouer au hockey. L’histoire Abby Hoffman se passe à Toronto, dans les années 1950. Bien que son secret soit rapidement dévoilé, elle pourra continuer de jouer au hockey. Le roman est complété par une section documentaire. Livres Ouverts lui consacre une notice et le roman fait partie de la Sélection 2013-2014 de Communication-Jeunesse dans la catégorie 12-17 ans. Pour en apprendre davantage sur Abby et le combat qu’elle a mené pour faire valoir la place des femmes dans le monde du sport, vous pouvez consulter Bibliothèque et Archives du Canada.

L’image de soi, le regard des autres…

Dans une société où l’image prend de plus en plus de place, où l’hypersexualisation des jeunes filles est rendu un fléau, où les problèmes d’anorexie et de boulimie font légions, il est d’autant plus important, je crois, d’aborder le sujet avec les jeunes. Voici donc quelques ouvrages qui permettront de réfléchir à l’image que l’on a de soi et de l’impact que le regard des autres peut avoir sur nous.

Moi, j'aime pas comme je susiPour les élèves dès la maternelle, je suggère Moi, j’aime pas comme je suis, un album d’Alma Brami et Amélie Graux, publié chez Albin Michel jeunesse. Quand elle se compare à sa meilleure amie, la narratrice ne se trouve pas jolie, trop brune, trop joufflue, trop poilue. Pourtant, c’est comme ça que son amoureux la trouve belle. Un album pour dire qu’il existe plus d’une sorte de beauté.

Au boulot, docteur Petitgros!Pour les élèves à partir du 1er cycle (mais on peut facilement pousser la réflexion plus loin avec les élèves plus âgés), il faut lire Au boulot, docteur Petitgros! de Marie-Danielle Croteau et Bellebrute, chez Dominique et compagnie. Sémilla Pépino ne se trouve pas belle. Elle ira donc voir le Docteur Petitgros, chirurgien esthétique, pour se faire embellir. Elle compte sur les résultats de l’opération pour enfin se faire remarquer par l’élu de son coeur. Est-ce que le résultat sera à la hauteur de ses espérances? Pourquoi vouloir modifier son corps à tout prix? Si l’album se termine bien (dans l’histoire la chirurgie est réversible) il n’en est pas toujours le cas dans la réalité. Mais est-il toujours mauvais de passer au bistouri?

Le popotin de l'hippopoMais mon album préféré sur le sujet est Le popotin de l’hippopo, de Didier Lévy et Marc Boutavant, chez Albin Michel jeunesse, dans la collection Zéphyr (il sera également bientôt disponible en petit format souple). Ce matin, l’hippopo se questionne: son popotin ne serait-il pas trop gros? Nous découvrirons bientôt que cela n’est qu’une question de point de vue, car si certains animaux le trouvent en effet trop imposant, d’autres (qui ont eux-mêmes un derrière plus proéminent) le trouve beaucoup trop petit! Une querelle s’en suivra, deux clans s’opposent sur cette épineuse question! L’album peut aussi être utilisé pour démontrer comment les conflits peuvent souvent dégénérés. Le tout finit dans l’humour et plaira assurément aux élèves dès le préscolaire. Je vous invite, bien sûr, à consulter la notice sur Livres Ouverts.

La plumeDans le même ordre d’idée, mais de manière beaucoup plus poussée, La plume de Gwendal Le Bec (chez Albin Michel jeunesse) est un incontournable pour aborder la question (et tellement d’autres!) avec les élèves du 3e cycle du primaire et du 1er cycle du secondaire. Cet album est MA DÉCOUVERTE de l’année! Dans la bassecour, le dindon a, un jour, une idée: il faut porter la plume en panache. Si, d’abord, les autres volailles n’ont cure de cette excentricité, le dindon, à force de discours, réussira à convaincre la majorité qu’il faut ainsi être paré. Si bien que rapidement, toutes les volailles, même les nouveaux-nés, doivent porter la plume. Quelques-uns étant soit récalcitrants, soit indifférents, une loi est votée pour les obliger à se conformer et quiconque refuse de porter la plume se voit ostracisé et malmené. Un jour, un autre dindon décide qu’il faut plutôt porter la plume sous le menton. Le poulailler se divise et les volailles des deux clans s’affrontent, à grand coup de bec et de griffe, sur la question. De nombreuses avenues peuvent être exploitées en classe à partir de l’album. La question de l’apparence qui sert à discriminer des gens est bien sûr abordée (on pourrait faire des parallèles avec la charte…). La manière dont la «conversion» s’opère fait aussi penser aux sectes, à l’intégrisme et à l’endoctrinement. Mais on pourrait aussi utiliser l’album pour parler de politique, puisque deux parties s’affrontent. La fin (que je ne vous dévoile pas!) permet aussi une réflexion fort intéressante. De plus, le choix du vocabulaire (et son analyse donc) est très important. Dans cet album, les mots ont du poids! Bref, un album résistant qui pourra animer de grandes réflexions dans un cours d’éthique!

Mademoiselle Zazie a des gros nénésDu côté des romans, je vous suggère Mademoiselle Zazie a des gros nénés de Thierry Lenain et Delphine Durand, dans la collection Premiers romans chez Nathan. Je vous reparlerai de la série Mademoiselle Zazie plus loin. Ce petit personnage est un modèle de non sexisme! Si le roman peut être lu par les élèves dès le 1er cycle, je vous suggère de l’utiliser aussi avec les élèves du 2e cycle. Dans ce texte, Thierry Lenain aborde avec humour et intelligence le thème de la nudité (ou de la suggestivité) dans la publicité et des concours de beauté. Zazie surprend son amoureux Max en train d’embrasser les seins d’un mannequin sur une publicité dans la rue. Max lui explique, un peu gêné, qu’il note les femmes des publicités en fonction de la grosseur de leurs seins! Ah oui! Zazie aussi peut juger… Elle n’a pas dit son dernier mot… Le roman (que vous pouvez animer à la manière d’un album) permet une discussion autour du thème de la beauté. On peut demander aux élèves s’ils aimeraient qu’on se mette à les noter en fonction de leur physique et parler des conséquences que cela pourrait avoir. Comme dans l’histoire, les élèves pourront trouver d’autres critères que celui de la beauté pour décider si une personne mérite une bonne note.

Beauté monstrePour les élèves à partir de la 2e année, je vous suggère Beauté monstre, de Carmen Marois (publié dans la collection Ma petite vache a mal aux pattes, chez Soulières Éditeur). Ce roman pourrait être mis en réseau avec Au boulot, docteur Petitgros, car on y aborde le même thème. Faut-il avoir recours à la chirurgie esthétique? L’auteure s’est amusée ici à déconstruire les critères de beauté, car dans l’univers de Tara, est beau celui qui pour nous est laid. C’est d’ailleurs ce que le titre et l’illustration de la page couverture laissent entrevoir. Vous trouverez sur le site de l’éditeur 2 fiches de lecture, une pour le 1er cycle et une pour le 2e cycle.

De quoi j'ai l'air?Pour les élèves du secondaire, les Éditions de l’Homme vous proposent un titre sur le sujet dans lors collection C’est quoi le rapport (collection qui propose des oeuvres en 2 temps –  un roman sur une thématique sensible de la vie des adolescentes, suivi d’une section quiz et conseils élaborés par une psychologue). Dans De quoi j’ai l’air?, les filles auront à réfléchir sur leur estime de soi en lien avec leur corps et aux troubles alimentaires. D’ailleurs, le roman était en nomination pour le prix IMAGE/in. Ce prix est

remis par les jeunes Québécois, le Prix IMAGE/in félicite des entreprises du Québec  en faveur d’une représentation saine et diversifiée du corps dans le monde de la mode, des médias et de la publicité.

Il a remporté le Prix Coup de coeur du jury de l’industrie. Bravo!

La listeToujours pour les adolescents (à partir du 1er cycle du secondaire), je vous invite à faire lire La liste (de Siobhan Vivian chez Nathan), un des romans qui m’a le plus interpelée ces dernières années. Un gros coup de coeur! Dans un collège mixte des États-Unis, chaque rentrée scolaire est accompagnée de la publication d’une liste. Cette liste, estampillée par le sceau officiel du collège (dérobé il y a déjà de ça plusieurs années) est photocopiée et affichée en plusieurs centaines de copies partout dans l’école. On y retrouve le nom de huit filles: la plus moche et la plus belle de chaque niveau. Consécration ou horreur? On découvrira qui sont ces huit filles et quel impact la liste aura dans leur vie. On les suivra durant toute une semaine. Huit destins, huit personnalités, huit vies différentes. Un roman fort, intelligent, qui fait nécessairement réfléchir! Je l’ai présenté souvent cette année lors de Piqûres-lectures avec les élèves du secondaire. Chaque fois, au moins une fille du groupe s’écriait «Ayoye, c’est chien ça!» et presque toujours, c’était une très jolie fille qui disait ça… Je suis convaincue que c’est le genre de roman qu’il faut faire lire à nos adolescents (eh oui, aux garçons aussi) et adolescentes. D’ailleurs, un de mes personnages préférés souffre d’anorexie. Sophie Lit a préparé une fiche pédagogique sur ce personnage.

Reste avec moiCe roman pourrait être mis en réseau avec Reste avec moi de Jessica Warman (chez Fleuve Noir dans la collection Territoires) où le personnage d’Elizabeth souffre aussi d’anorexie. Un roman coup de coeur qui traite également du thème de l’intimidation et de la pornographie. Ce roman faisait partie de ma sélection 2012-2013 de romans pour le secondaire. Vous pouvez d’ailleurs écouter la critique.

Des bleus au coeurSur le thème de la beauté (et de son impact), je vous suggère pour les élèves du 2e cycle du secondaire, Des bleus au coeur de Louisa Reid, chez Plon. Un roman à deux voix où l’on entre dans la dure et violente réalité de deux jumelles (l’une très belle et l’autre très laide), filles d’un prédicateur dans une secte. Un terrible drame les entoure. Un roman dur (âmes sensibles s’abstenir) qui traite de la maltraitance.

Uglies; Wonder; Théa pour l'éternité; Belle époqueEt si vous souhaitez compléter une unité littéraire sur le thème de la beauté, de manière plus générale, il vous faut absolument inclure la série Uglies de Scott Westerfield, chez Pocket jeunesse (une dystopie vraiment géniale!), Wonder de R.J. Palacio, aussi chez Pocket jeunesse (un magnifique roman intimiste qui traite de la différence physique, d’amitié et d’intimidation; un roman qui, lorsqu’on le termine, nous donne le sentiment d’être une meilleure personne), Théa pour l’éternité de Florence Hinckel publié chez Syros (un roman qui pose la question de la jeunesse en lien avec la beauté et l’estime de soi et des dangers éthiques de la science) et Belle époque d’Elizabeth Ross publié chez Robert Laffont dans la collection R (roman qui nous transporte à Paris en 1889 où être un faire-valoir nous permet de gagner notre vie).

Non à la violence

Dans la défense des droits des femmes, nous parlons aussi malheureusement souvent de la violence faite aux femmes. Voici donc quelques ouvrages qui permettront d’aborder ce délicat sujet avec les élèves.

La petite fille qui ne sourait plusLa fille du canalQui dit violence, dit parfois également violence sexuelle. Voilà la raison pour laquelle je vous présente deux romans qui traitent du sujet. Pour les élèves du primaire, La petite fille qui ne souriait plus de Gilles Tibo, chez Soulières Éditeur (dans la collection Ma petite vache a mal aux pattes). Nathalie a un terrible secret dont elle ne peut parler à personne. Un dessin réalisé en classe éveillera les soupçon de l’enseignante. Un roman qui ose parler d’un thème peu exploité en littérature jeunesse, et qui, pourtant, pourrait permettre à des enfants de briser leur propre silence. Je vous invite à consulter la notice sur Livres Ouverts et à télécharger les fiches de lecture sur le site de l’éditeur. Sur le même sujet, pour les élèves du secondaire, il y a La fille du canal de Thierry Lenain, chez Syros, dans la collection Tempo +. Dans ce roman, l’enseignante devine le terrible secret de son élève parce qu’elle a elle-même vécu des abus sexuels dans son enfance. Une notice sur Livres Ouverts  et une sur télémaque sont également disponibles.

Sacrilège en IndeDiverses cultures tolèrent encore la violence faite aux femmes. C’est malheureusement le cas en Inde où de nombreux infanticides sont encore commis. Cette terrible réalité est explorée dans Sacrilège en Inde de Camille Bouchard, dans la collection Roman noir (série Les voyages de Nicolas). Un roman-choc sur trame d’enquête pour les élèves à partir du 2e cycle du primaire, mais qui est aussi génial pour les élèves en adaptation scolaire au secondaire. Pour plus d’informations sur les cas d’infanticides en Inde, vous pouvez consulter le site internet de Vision du monde.

La vie en rougeL’excision fait aussi partie des enjeux actuels quant à l’abolition de la violence faite aux femmes. Et malheureusement, cette pratique traditionnelle néfaste semble prendre de l’ampleur. Vous pouvez consulter à ce sujet ce site internet. En littérature jeunesse, peu d’oeuvres abordent ce sujet tabou, c’est pourquoi je trouve important de vous présenter La vie en rouge de Vincent Ouattara chez Soulières Éditeur (dans la collection Graffiti). L’éditeur met à votre disposition un dossier de presse très intéressant.

En chemin elles rencontrent Tome 1Et pour parler du sujet dans toutes ses dimensions, les Éditions Des ronds dans l’O sont instigateurs d’un projet extraordinaire où des artistes se sont mobilisés pour créer deux bandes dessinées sur le sujet. Dans En chemin elle rencontre… Tome 1 – Les artistes se mobilisent contre la violence faite aux femmes, on retrouve de courtes histoires en lien avec le thème (le viol, le crime d’honneur, l’excision, le mariage forcé, etc).  33 artistes ont contribué au projet et Amnesty international a parrainé l’album. Je vous invite a écouter une entrevue réalisée avec l’éditrice lors de la sortie de la BD.


En chemin elle rencontre Tome 2Dans En chemin elle rencontre Tome 2 – Les artistes se mobilisent pour le respect des droits des femmes, 24 autres artistes ont réfléchi à la question. Dans ce tome, on aborde les sous-thèmes de la violence psychologique, les régimes, le droit à l’avortement, etc.

Je vous invite à regarder cette émission entièrement consacrée à l’album. À utiliser avec les élèves en classe.


UN MONDE DE BULLES,Femmes Battues, le combat… par publicsenat
Mise en garde: bien sûr, ces bandes dessinées abordent des sujets sensibles et certaines illustrations montrent de la violence et de la nudité. Mais elles sont réellement des incontournables!

Pour déconstruire les clichés!

Voici maintenant ma catégorie préférée! Des albums, des romans, des BDs qui questionnent ouvertement le sexiste ou les différences entre les garçons et les filles.

Marre du roseLe premier, Marre du rose  (un album de Nathalie Hense et Ilya Green chez Albin Michel jeunesse) nous présente une jeune fille, qui contrairement à ses amies de classe n’aime pas le rose, elle préfère le noir. On lui dit parfois qu’elle est un garçon manqué. Elle ne voit pas pourquoi! Elle se considère plutôt comme une fille réussie. C’est un album extraordinaire pour aborder le sujet des étiquettes avec les élèves. Un incontournable sur le sujet.

Le petit garçon qui aimait le roseL’inverse arrive dans Le petit garçon qui aimait le rose (de Jeanne Taboni Misérazzi et Raphaëlle Laborde, publié aux éditions Des ronds dans l’O). Luc est vraiment content, sa mère lui a offert un sac à dos rose (dans le texte on dit cartable, à vous donc de changer le mot à la lecture à voix haute ou d’expliquer à vos élèves le sens que l’on donne à ce mot en France). À la plus grande surprise de Luc, on rit de la couleur de son sac! C’est donc un album à mettre en réseau avec le précédent. L’éditeur a élaboré une fiche pédagogique pour les élèves du 1er cycle.

Nils, Barbie et le problème du pistoletMon album préféré sur le sujet est Nils, Barbie et le problème du pistolet, de Kari Tinnen et Mari Knastad Johnsen, publié chez Albin Michel jeunesse. Pour ces 5 ans, le papa de Nils l’enmène au magasin de jouets où il pourra choisir celui qui lui fera le plus plaisir. Mais au grand dam du papa, Nils choisi une Barbie. Papa fera tout pour le convaincre de choisir plutôt un pistolet, surtout lorsque Bo (un grand) et son père arrivent au magasin et voit le petit garçon avec une Barbie. Là, c’est le papa qui se sent mal. J’ai adoré la fin! Un album touchant, intelligent, qui soulève beaucoup de questions. Idéal pour amorcer une discussion en classe, avec les élèves de tous les niveaux.

Péronnille la chevalièreDans Péronnille la chevalière de Marie Darrieussecq et Nelly Blumethal (chez Albin Michel jeunesse) on déconstruit les clichés des contes classiques. Ici, pas de preux chevaliers mais une téméraire chevalière. Péronnille devra réussir trois épreuves pour que la reine lui accorde la main de son fils, le prince à la mandoline. La chevalière les réussira haut la main, mais ne se mariera pas, n’eut pas d’enfant et vécu probablement heureuse jusqu’à la fin des temps! Pour les élèves à partir du 2e cycle, faites la lecture de contes classiques comme  La belle aux bois dormants et La princesse au petit pois. Avec eux, identifier les cinq temps du récit. Identifier également les caractéristiques des personnages (aspects physiques et traits de caractère, de même que leur rôle et leurs actions accomplies). Refaite ensuite la même analyse avec Péronnille la chevalière. Discuter des différences. Vous pouvez ensuite proposer aux élèves de réécrire un conte classique en déconstruisant à leur tour les stéréotypes de genres. Par exemple, avec Cendrillon ou Le petit chaperon rouge. Vous pouvez également analyser une oeuvre contemporaine qui utilise les personnages classiques (prince, princesse), comme Thomas prince professionnel (de Valérie Fontaine et Fil, chez Fonfon), afin de déterminer si les stéréotypes sont encore aussi persistants.

Attention aux princesses!Un peu dans le même ordre d’idées, j’ai lu avec beaucoup de plaisir Attention aux princesses! de Cédric Ramadier et Clément Devaux, chez Albin Michel jeunesse.

Qu’est-ce qu’une Princesse? Un sourire angélique, des cheveux soyeux, une allure gracieuse; une robe brodée de fils d’or, des souliers de vair, des bijoux étincelants. Une Princesse, ça brille de mille feux, ça scintille, ça pétille. Une Prin…

Stop! Je vous arrête tout de suite. Oui, une princesse peut être tout cela, mais si vous êtes de ceux qui pensent que les princesses ne sont que de petites créatures fragiles et délicates qui peuplent gentiment les contes de fées, ce livre n’est pas pour vous.

Car ici, vous allez entrer dans l’intimité de vraies princesses; vous allez découvrir leurs manies cachées, leurs secrets inavouables. Et vous verrez que si certaines cherchent, coûte que coûte, à épouser le Prince charmant, d’autres ont bien l’intention de rester célibataires.

Un album plein d’humour, de nouveaux mots, d’adjectifs. Parfait pour travailler les descriptions des personnages. À mettre en réseau, bien sûr, avec les contes vus précédemment. Et en situation d’écriture, vous pouvez demander aux élèves de trouver d’autres princesses ou d’écrire avec votre classe votre Attention aux chevaliers! Une belle façon de déconstruire les préjugés. Dans la même collection, vous trouverez aussi Attention aux ogres!

Le jour où mon frère viendraDans cette catégorie d’oeuvres qui abordent de front la question des stéréotypes de genre, j’aime vraiment beaucoup la série des P’tites Poules, de Christian Jolibois et Christian Heinrich, chez Pocket jeunesse. Bien que tous les albums de la série soient non sexistes, trois oeuvres traitent spécifiquement du sujet. D’abord, Le jour où mon frère viendra (aussi disponible en petit format souple). Dans le premier titre de la série, La petite poule qui voulait voir la mer, on avait découvert Carméla (une maman poule qui s’est émancipée) et Piticok, les parents de Carmélito, le petit poussin rose. Déjà ici, on pourrait demander aux élèves si la couleur rose est connotée, afn de les faire réfléchir sur leurs propres préjugés. Dans cet album, donc, Carmélito rêve d’avoir un petit frère, mais voilà c’est un poussin fille qui sort de l’oeuf! Carmélito découvrira que les filles sont capables de faire les mêmes choses que les garçons, parfois même avec plus de facilité. Une notice sur Livres Ouverts est disponible, l’album faire d’ailleurs partie du Continuum en lecture (phase 5). L’album, mais aussi presque tous les titres (cette liste a été réalisée par Frisettes) de la série, permet de faire des liens avec les arts plastiques, puisqu’il y a un clin d’oeil au Cri de Munch.

Nom d'une poule, on a volé le soleil!Dans Nom d’une poule, on a volé le soleil! (aussi disponible en petit format souple), Carmen va encore nous prouver que les filles et les garçons peuvent réussir les mêmes choses. Dans cet album, on aborde le thème des métiers. Quand elle sera grande, Carmen commandera le soleil (c’est le chant du coq qui appelle le soleil chaque matin), comme son papa.

– N’importe quoi! ricane Coquenpâte. T’es une fille! Seuls les coqs ont le pouvoir de faire lever le soleil!

La petite poule n’est, bien sûr, pas en accord avec cette affirmation! Cet album fait aussi partie du Continuum en lecture (phase 5) et vous trouverez également une notice sur  Livres Ouverts. Vous pouvez également consulter ce dossier pédagogique disponible en ligne.

Pas de poules mouillées au poulailler!Finalement, dans Pas de poules mouillées au poulailler! (aussi disponible en petit format souple), le poulailler est attaqué par une bande de fouines sanguinaires. Qui sauvera les femmes et les enfants? Les petits coqs et leurs gros bras? Je vous laisse deviner…

Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi?Autre personnage incontournable de cette catégorie: Mademoiselle Zazie, de Thierry Lenain et Delphine Durand, dans la collection Premiers romans chez Nathan. Dès le premier roman de la série, le genre «sexué» de Zazie est au coeur du récit. En effet, dans Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi?, les convictions de Max vont se faire bousculer.

Avant, pour Max, tout était simple. Premièrement: il y avait les Avec-zizi. Deuxièmement: il y avait les Sans-zizi. Troisièmement: les Avec-zizi étaient plus forts que les Sans-zizi. Évidemment, puisqu’ils avaient un zizi!

Mais lorsque Zazie arrive à l’école, il découvre une Sans-zizi qui préfère dessiner des mammouths plutôt que des fleurs nunuches, qui joue au soccer, a un vélo de garçon, sait grimper aux arbres (et même plus haut que Max) et gagne tout le temps quand elle se bat. C’est sûr, il y a quelque chose qui cloche! Max est certain qu’il a trouvé: Zazie a un zizi! Et dès qu’il aura réussi à le prouver, plus personne ne voudra jouer avec elle. Mais bon, enquêter sur un tel sujet n’est pas si simple! Et oui, à la fin, on les voit tout nus, je préfère tout de même vous en aviser. Mademoiselle Zazie, c’est un immense coup de coeur! Des romans intelligents, drôles et non sexistes. Une fiche pédagogique, préparée par l’éditeur, est disponible pour ce roman.

Mademoiselle Zazie et la robe de MaxDans Mademoiselle Zazie et la robe de Max, Max aimerait bien que son amoureuse essaie la belle robe rose avec le gros ruban blanc. Mais Zazie voit les choses d’une tout autre manière… Max devra l’essayer en premier!

Mademoiselle Zazie et les poupées muscleesLes Français ont la chance de pouvoir écouter le dessin animé Mademoiselle Zazie à la télé (quelques épisodes sont disponibles sur YouTube). Et la série télé a inspiré des albums. Dans  Les poupées musclées, on se demande si les poupées sont des jouets réservés aux filles. Qu’est-ce que vous en pensez?  Dans cette nouvelle collection, vous trouverez Ras-le-bol d’être une princesse! et Sauvetage impossible.

Chroniques d'un mangaka tome 1Finalement, dans cette catégorie, je vous suggère lune bande dessinée à la manière d’un manga (utilise plusieurs des codes du manga) Chroniques d’un manga-ka tome 1. Un jeune manga-ka (auteur de manga) décide de tout lâcher pour se consacrer à la carrière d’artiste. Il découvrira que cela n’est pas si simple. Une BD que j’ai beaucoup aimée, qui plaira aux élèves du 3e cycle du primaire et du 1er cycle du secondaire. Et pourquoi la présenter dans cette catégorie? Si vous lisez des mangas, vous avez surement eu, comme moi, la fibre féministe qui vibre. Les femmes y sont souvent (trop à mon goût!) représentées comme des nunuches sans cervelle, aux gros gros seins (ma foi, mais qu’est-ce qu’ils ont avec les gros seins les Japonais?). Dans cette BD, le manga-ka demande à son amie de poser pour lui. Il souhaite s’en inspirer comme modèle pour un de ses personnages féminins. Le lecteur voit ce qu’il a imaginé et la jeune femme répliquer! Juste pour cette planche-là la BD en vaut la peine. Psst, en ce moment, vous pouvez vous procurer un combo découverte (2 tomes pour le prix d’un).

Réfléchissons ensemble!

Les mots indispensables pour parler du sexismeLa fabrique des fillesVoici deux documentaires qui nous permettront de réfléchir sur le sujet (nous ou les élèves bien sûr!). D’abord, un essentiel: Les mots indispensables pour parler du sexisme, de Jessie Magana et Alexandre Messager, chez Syros. Un abécédaire en 60 mots,  qui offre de nombreuses pistes de réflexions, des  études, des informations historiques, sociologiques. Je suis entièrement en accord avec leur résumé:

Un outil intergénérationnel, véritable remue-méninges, à mettre d’urgence entre toues les mains

Aussi chez Syros, La fabrique des filles de Laure Mistral. Un documentaire pour les élèves du secondaire, qui aborde la construction des stéréotypes de genres.  On y aborde de nombreuses pistes de réflexion.

 

 

Garçon ou fille? Ça ne change rien! Des histoires non sexistes

Dans cette catégorie, je vous propose diverses histoires où le genre des personnages n’est pas stéréotypé. Où, d’une certaine façon, le sexe du personnage n’a pas d’importance.

Les P'tites PoulesD’abord, les titres de la collection Les P’tites Poules que je n’ai pas présentés dans les thématiques précédentes: Un poulailler dans les étoiles (aussi en petit format souple), Les P’tites Poules, la Bête et le Chevalier (aussi en petit format souple), Charivari chez les P’tites Poules (aussi en petit format souple), Coup de foudre au poulailler (en petit format souple seulement), Sauve qui poule! (en petit format souple seulement), Jean qui dort, Jean qui lit (en petit format souple seulement), Un poule tous, tous poule un! (en petit format souple seulement), Les P’tites Poules et la grande casserole (aussi en petit format souple).

Mademoiselle ZazieEt tous les autres titres de la série Mademoiselle Zazie: Mademoiselle Zazie veut un bébé, Mademoiselle Zazie veut embrasser Max, Mademoiselle Zazie a trop d’amoureux, Mademoiselle Zazie déteste la maîtresse, Mademoiselle Zazie ne veut pas être hôtesse de l’air (celui-ci est à paraître au Québec dans les prochains mois… on l’attend avec impatience!). Dans la nouvelle collection inspirée des émissions de télé, vous trouverez Ras-le-bol d’être une princesse!, Le papa mystère et Sauvetage impossible.

Série Stella, de Marie-Louise Gay, chez Dominique et compagnieIl y a aussi toute la série Stella de Marie-Louise Gay, chez Dominique et compagnie. Stella est une petite fille aventurière, imaginative et intelligente. C’est à travers son regard bien particulier qu’elle explique la vie à son petit frère Sacha. Une série jeunesse incontournable. Un petit bijou. À lire ou relire: Stella, étoile de mer, Stella, reine des neiges, Stella, fée des forêts, Stella, princesse de la nuit, Quand Stella était toute petite et, paru plus récemment, Raconte-moi une histoire Stella. Des notices sont disponibles pour presque tous ces titres sur Livres Ouverts et je vous invite à consulter un article déjà publié sur ce blogue au sujet de la collection. Vous y trouverez plusieurs pistes d’exploitations pédagogiques pour le préscolaire et le 1er cycle du primaire.

Arrête tes bêtises, Louise!Splat raconte ses vacancesJ’aime aussi vraiment beaucoup Arrête tes bêtises, Louise!; autre album illustré par Marie-Louise Gay, mais écrit par Frieda Wishinsky, aussi publié chez Dominique et compagnie. Cet album aborde avec beaucoup d’humour le thème des relations frère/soeur. Une notice est disponible sur Livres Ouverts. Cet album pourrait être mis en réseau avec Splat raconte ses vacances de Rob Scoton, aux Éditions Nathan. Ici aussi, les relations frère/soeur sont abordées avec humour. Voici une fiche pédagogique partagée par une enseignante sur le web. Bien sûr, ils pourraient aussi être mis en réseau avec Le jour où mon frère viendra, présenté précédemment.

Edmond La fête sous la luneDans Edmond La fête sous la lune, nous découvrons un petit écureuil qui adore les pompons. Il devra surmonter sa timidité pour découvrir que ses voisins peuvent aussi être ses amis et que les qualités et les talents des uns peuvent servir aux autres. Cet album, publié chez Nathan, est écrit par Astrid Desbordes et illustré par Marc Boutavant. Une belle découverte! Pour les élèves à partir du préscolaire.

Le roi de la bibliothèqueJe suis toujours heureuse de pouvoir présenter Le roi de la bibliothèque de Michelle Knudsen et Kevin Hawkes, publié chez Gründ. J’aime cet album aux illustrations classiques (la nostalgique en moi sourit), que j’utilise avec les élèves du présco et du 1er cycle pour expliquer les règles de la bibliothèque et même les métiers qui s’y rattachent. Et que dire de son petit prix! Des fiches pédagogiques sont partagées sur le web. Pour tous les amoureux des livres sur les livres, c’est un incontournable!

L'été de GarmannDans L’été de Garmann (de Stian Hole chez Albin Michel jeunesse) les élèves à partir du deuxième cycle feront la connaissance d’un petit garçon sensible qui découvre que les peurs ne sont pas réservées qu’aux enfants.  Un bel album, aux illustrations originales, qui aborde le thème de la vieillesse et des relations intergénérationnelles. Vous pouvez consulter la notice sur Livres Ouverts (l’album fait partie de leur sélection Coup de coeur).

 

AjdarAvec Ajdar on invite nos élèves dans l’univers des contes et légendes. L’auteure et illustratrice, Marjane Satrapi, nous propose son interprétation de ce qui cause les tremblements de terre. Un album aux illustrations magnifiques. Je vous invite à consulter ce dossier pédagogique pour quelques idées d’exploitations.

Les deux amoureuxEnfin, je vous suggère aussi un très beau petit roman d’amour écrit par Gilles Tibo. Les deux amoureux est publié dans la collection Ma petite vache a mal aux pattes, chez Soulières Éditeur. Parce que l’amour, c’est plus fort que tout!

 

 

 Pareils pas pareils? L’apprentissage de la sexualité

Pour terminer cette unité littéraire, je vous suggère quelques ouvrages pour aborder la sexualité chez les enfants. À vous, cependant, de voir s’ils correspondent à votre niveau de «censure». Bien sûr, on y retrouve des images et des sujets qui risquent de choquer certaines personnes. À vous de juger.

Ma soeur veut un ziziLe premier est un album qui a justement fait grand bruit dans les médias au moment de sa sortie. Ma soeur veut un zizi de Fabrice Boulanger, publié aux Éditions de la Bagnole, aborde le sujet des différences physiques entre un garçon et une fille. Puisque cet album a gagné le Prix jeunesse des libraires du Québec, catégorie 0-4 ans , je vous en ai déjà parlé sur ce blogue.

Documentaires sur la sexualité des enfants et des adosDu côté des documentaires, je vous suggère l’incontournable collection de la sexologue Jocelyne Robert, aux Éditions de l’Homme: Ma sexualité de 0 à 6 ans, Ma sexualité de 6 à 9 ans, Ma sexualité de 9 à 11 ans, Te laisse pas faire – Les abus sexuels expliqués aux enfants, Full sexuel – La vie amoureuse des adolescents. Pour les adolescents, je vous suggère également l’ouvrage de Danie Beaulieu Ça roule!, dont une nouvelle édition sortira en juin.

En conclusion…

Si je crois, bien entendu, que ce type d’unité littéraire est essentielle et que ces livres pourront servir à des prises de conscience, des discussions, des débats et seront aussi un appel au partage et à la reconnaissance de la diversité, je crois aussi que la littérature qui interpelle un genre en particulier est nécessaire et profitable. Parce qu’il est aussi important que les garçons ou les filles de tout genre (même ceux très stéréotypés) se reconnaissent et s’identifient à des personnages de fiction. C’est pourquoi, je vous offrirai (paradoxalement!) éventuellement mes meilleures lecture de gars ou de filles!

En attendant, je vous invite à me faire savoir par un commentaire, quel livre de cette sélection vous aimeriez découvrir, lire ou utiliser en classe. En votant pour votre livre favori, vous avez de bonnes chances de le gagner! Je ferai le tirage le lundi 12 mai. Bonne chance à tous et à toutes!

Emmanuelle

Voici la liste complète des oeuvres présentées dans cet article:

Si vous ne la voyez pas, rendez-vous sur le blogue ou cliquez ici.

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15 commentaires à “L’égalité entre les garçons et les filles: lutter contre les stéréotypes sexistes grâce à la littérature jeunesse”

  1. Le 6 mai 2014 à 10:18