1,2,3… Foulard. C’est difficile à expliquer avec les mots. C’est un voyage loin, loin, loin. – Un roman coup de cœur pour le secondaire.

CLASSÉ DANS : À partir du 1er cycle | À partir du 3ème cycle | Primaire | Secondaire



1,2,3... Foulard. Un roman d'Éric Sanvoisin, publié chez Gründ jeunesseJ’avais hâte de lire 1,2,3… Foulard. Pour plusieurs raisons. D’abord, parce que j’aime les livres d’Éric Sanvoisin (que j’ai d’abord découvert avec une série pour les petits – Le buveur d’encre), parce que j’aime les livres réalistes de la collection Gründ Roman (voir aussi L’accident), que j’avais vraiment adoré le dernier livre d’Éric Sanvoisin publié dans cette collection, Le parloir (tout comme Hélène, qui en avait fait la critique sur ce blogue). Mais aussi à cause du sous-titre: C’est difficile à expliquer avec les mots. C’est un voyage loin, loin, loin. À la lecture du résumé, j’ai tout de suite compris à quel point ce sous-titre était juste, parce que je me rappelais soudain avoir moi aussi joué au jeu du foulard. Bon, dans mon temps, on n’appelait pas ça comme ça. En fait, je ne me souviens pas que nous lui donnions un nom en particulier. Je l’avais juste fait, pour faire comme les autres. Je n’avais pas trop aimé. Heureusement, les autres non plus. J’avais oublié avoir fait ça. Comme on oublie d’autres expériences anodines, qui sont survenues à l’adolescence. Et pourtant, ce n’est pas anodin. En France, une dizaine d’enfants et d’adolescent meurent d’y avoir joué chaque année, pour le Québec, je n’ai pas trouvé de statistiques claires, mais des morts relatives à cette «expérience» sont aussi survenue ici, comme l’explique cet article de la Presse paru en 2010.

Qu’est-ce que c’est que le jeu du foulard? C’est un étranglement volontaire, fait seul ou à plusieurs, pour «tomber dans les pommes». La sensation est difficile à expliquer avec les mots… c’est pourquoi le roman de Sanvoisin est aussi important!

Charlotte a douze ans. Par amour, pour faire partie de la gang aussi, elle a joué au jeu du foulard. Le roman est écrit en retours en arrière (flash-back). Dès le début, on sait que Charlotte est dans le coma, à l’hôpital. Elle raconte, comme si elle expliquait à ses parents, ce qui est arrivé.

La fin m’a dérangée! J’aurais voulu que ce soit de sa faute. À lui, à elle. Que ce soit encore plus terrible. Qu’il y ait plus de victimes! Pour donner une bonne leçon! Mais finalement, ce qu’il y a de pire dans ce jeu, c’est justement que ce soit si bête à la fin. Tellement con! Parfois, ça ne finit pas bien.

C’est un roman qui devrait permettre de discuter. J’espère que les élèves s’en parleront entre eux. J’espère surtout que certains enseignants le feront lire à leurs élèves. Pour que les discussions aient lieu en classe. Pour qu’on puisse pousser le sujet plus loin. N’hésitez pas à consulter le site internet de l’APEAS (c’est une association de parents français, dont les enfants ont été victimes du jeu du foulard). Vous y trouverez des pistes pour aborder le sujet avec les élèves.

Je vous suggère le roman à partir du 1er cycle du secondaire, mais il pourrait aussi être proposé avec accompagnement au 3e cycle du primaire. Lorsque je lis l’âge des enfants décédés, je pense que le roman a aussi sa place chez les plus jeunes.

En vous souhaitant qu’un tel accident n’arrive jamais à un élève de votre classe.

Bonne lecture!

Emmanuelle

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